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À travers l’Inde, du nord au sud

Après notre assez long passage a Orchha, bien ressourçant toutefois il faut le reconnaitre, nous avons foncé vers le sud pour atteindre Mumbai, anciennement dénommée  Bombay. Toutefois, une halte s’est imposée sur la route, afin d’admirer les splendides caves d’Ellora.

Ces caves ont été creusées à même la roche par des bonzes bouddhistes, hindouistes et jains, pendant plus de 5 siècles. Elles étaient utilisées à la fois comme monastères, chapelles, ou encore comme temples. La plupart sont aujourd’hui vides, mais certaines contiennent encore de très belles et imposantes sculptures de Shiva ou de Vishnou. Mais le plus impressionnant, c’est lorsqu’on pénètre dans ces sanctuaires, et qu’on se retrouve au beau milieu de salles gigantesques et silencieuses, soutenues par des piliers monstrueux sculptés à même la roche.  Et que dire du temple Kailasa, le plus grand temple sculpté d’une seule pièce dans la roche, qui a tout de même nécessité le travail de plus de 7000 ouvriers pendant 150 ans ! Un projet un peu fou, mais tellement majestueux au coucher du soleil, lorsque la lumière se fait plus douce… Car nous étions à ce moment à des latitudes tropicales, et aucun doute là-dessus, le soleil tapait bien fort.

La suite de notre voyage nous a emmenés à Mumbai, très grande métropole de plus de 15 millions d’habitants, située sur la côte ouest du sous-continent et bordée par l’océan Indien. Notre dépaysement a été le plus total, cette ville n’ayant absolument rien à voir avec ce que l’on connaissait du pays jusqu’alors : nous étions habitués à de la poussière, des tuk-tuk klaxonnant dans tous les sens, des petites ruelles sinueuses, en bref, beaucoup beaucoup d’animation et de bazar. Mais arrives sur place, (presque) plus rien de tout cela : des rues goudronnées avec trottoirs pour les piétons, des feux de circulation, de grands buildings, des parcs, des voitures de luxe etc… Seuls les klaxons demeuraient, mais ils sont en quelque sorte une marque de fabrique des villes d’Asie du sud-est. Tout ce semblant d’ordre est sans aucun doute hérité de la longue présence des Anglais dans le pays, qui n’ont pas manqué de laisser une empreinte encore très présente aujourd’hui : bien sûr, il y a la conduite à gauche, à laquelle nous français ne sommes pas vraiment habitués, et qui fait toujours rire les chauffeurs de taxis lorsqu’en voulant s’assoir sur le siège passager, on se retrouve au volant. Mais en plus de ça, on croise beaucoup de bâtiments à l’architecture typiquement britannique, ce qui est assez déroutant car ils sont le plus souvent accompagnés de palmiers ! Difficilement imaginable à Londres… Mention spéciale à la gare Victoria, par laquelle transite quotidiennement plus de 2 millions d’indiens, ainsi qu’aux fameux bus rouge à impériale qu’on peut apercevoir très souvent en ville. Enfin, quelque chose auquel on ne peut absolument pas échapper ici et qui constitue sans aucun doute le sport national, j’ai nommé le cricket ! Alors oui, nous français n’y connaissons absolument rien et nous y intéressons peu, mais les Indiens y sont absolument accros ! Les parcs publics sont remplis de jeunes qui à la sortie du boulot viennent taper la balle entre amis, c’est très convivial. Et l’engouement est à son comble lorsque l’équipe nationale passe en direct à la TV, de la vraie folie furieuse ! Ils sont fous ces Indiens…

Mais Mumbai, c’est aussi une ville où la misère est bien présente, et côtoie dans une quasi indifférence générale les classes les plus aisées. C’est vraiment dans cette ville qu’on a pu avoir un bon aperçu des deux facettes de l’Inde : d’un côté, une classe moyenne qui est de plus importante, et se balade en voiture de luxe, les femmes en saris magnifiquement brodés et les hommes en hommes d’affaires à Ray Bans ; de l’autre côté, beaucoup de personnes qui mendient dans les rues (dont de très jeunes  enfants), mangent et dorment à même les trottoirs, et survivent jour après jour sans savoir de quoi demain sera fait. Un contraste saisissant et frappant, qui ne laisse vraiment pas indifférent.

Nous avons ensuite pris la direction du sud, et sommes partis en train (un moyen très commode et bon marché de voyager en Inde) pour Goa, une ancienne colonie portugaise. Les nombreuses descriptions qu’on en avait eues nous promettaient de belles plages avec cocotiers, pour quelques jours au soleil bien agréables. Malheureusement pour nous, nous n’avons eu droit qu’à 4 jours de pluie quasi continue, et n’avons pas pu mettre le nez bien souvent dehors. Nous avons appris un peu plus tard que c’était la faute d’un ouragan, qui apparemment avait l’air assez costaud… bien dommage ! On a quand même pu se balader dans les ruelles de l’ancienne capitale de la province, Panaji, qui avec ses belles églises toutes blanches nous ont un peu rappelé Lisbonne, très chouette.

Nous sommes à présent dans le train qui doit nous emmener au Rajasthan, environ 36 heures de trajet… Heureusement, cette fois ci et contrairement en Chine, on a pu obtenir des couchettes, ce qui rend le voyage bien plus agréable !