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Varanasi : Au cœur de l’Hindouisme

Varanasi est un des lieux les plus saints pour l’Hindouisme, comme peut l’être le Vatican pour les catholiques ou la Mecque pour les musulmans. Un lieu chargé de croyances donc, où la vie et la mort s’articulent  autour du fleuve sacré : le Gange. Nous y avons passé trois jours hors du temps.

Varanasi est une ville insolite où l’on ne peut accéder au centre-ville qu’à pied ou avec un deux-roues. C’est en fait un véritable labyrinthe de petites ruelles étroites dans lequel il est facile de se perdre et où une carte n’est que peu utile. Celles-ci sont peuplées de personnages étranges, de vaches sacrées et de déchets. Se balader à Varanasi, c’est un petit peu comme se balader dans un film se déroulant au Moyen-âge et le dépaysement est extraordinaire ! Puis, sans s’y attendre vraiment, au bout d’une ruelle, on finit pas atteindre un ghât et le Gange, fleuve majestueux, apparaît devant vos yeux.

Pour découvrir la vie de Varanasi, le mieux est sûrement de se balader le long du fleuve au fil des ghâts. C’est ce que nous avons fait à plusieurs reprises (sur l’eau et sur les rives) et nous avons bien vu à quel point la vie s’articule autour du fleuve sacré. On y voit beaucoup de monde venir se baigner et faire leurs ablutions pour se décrasser l’âme. Les eaux du fleuve étant censées laver de tous les péchés accumulés au cours des vies passées (rien que ca !). Mais ce n’est pas tout, on y vient aussi se laver, se brosser les dents, faire sa lessive, baigner ses bêtes… Le tout dans une eau ultra polluée qui atteint des records de concentration de bactéries mais qui n’en perd pas pour autant son caractère sacré.

Chaque ghât a ses particularités et ses activités propres mais on ne peut pas rester indifférent face aux ghâts de crémations. C’est sur ces ghâts, 7 jours par semaine et 24h par jour, que l’on fait brûler les corps des morts en public sur les rives du fleuve sacré. Toutes les 5 ou 10 minutes environ, un nouveau corps est apporté sur un brancard porté par la famille du défunt. Celui-ci est trempé une dernière fois dans le Gange avant d’être placé sur un bûcher. Un membre de la famille, habillé tout en blanc et rasé, est chargé d’allumer le feu. Pendant 3 heures durant, le corps est brûlé. On vient ensuite éteindre le brasier avec une jarre d’eau sacrée. C’en est finit. Mourir à Varanasi, c’est s’assurer d’atteindre le Nirvana sans passer par le cycle sans fin des réincarnations !

Nous nous souviendrons également longtemps de ce «festival» auquel nous avons assisté en l’honneur de Krishna (une des incarnations de Vishnu). Des milliers de personnes se sont rassemblées en quelques minutes au Assi Ghât pour assister à la célébration. Nous y avons vu Krishna (ou en tout cas son personnage) monter à un arbre immergé dans le fleuve et s’y jeter avant de ressortir des eaux magistralement (porté par plusieurs nageurs) sous les acclamations du public ! Cela ne faisait que 3 jours que nous étions en Inde mais nous avons tout de suite compris que ce pays ne ressemble à aucun autre.

Après Varanasi, notre route nous emmène à Khajuraho. Nous prenons donc un train de nuit pour Satna d’où nous devons ensuite prendre un bus pour rejoindre  Khajuraho. Après avoir failli rater notre arrêt (merci à notre voisin qui nous a réveillés!), nous arrivons le Vendredi 22 Octobre à 7h du matin à Satna. Nous ne le savions pas encore mais cette journée allait être une journée noire pour Planète Jeunesse ! Tout commence quand nous montons dans notre bus pour Khajuraho qui s’apprête à partir.  Je suis assis à côté de Quentin à l’avant. Je lui laisse mon sac quelques minutes pour aller aux toilettes. Mais à mon retour le sac à disparu ! Et par la même occasion, l’appareil photo et la caméra qui étaient à l’intérieur ! Branle-bas de combat, nous allons chercher les flics, nous mettons tout le monde au courant. Nous essayons d’obtenir de l’aide mais c’est difficile. Ca y est, c’est trop tard, on sait que l’on ne reverra plus le matériel multimédia volé pour la deuxième fois ! On comprendra plus tard que 2 personnes sont venues parler à Quentin à la fenêtre pour détourner son attention pendant qu’une autre venait s’emparer discrètement du sac.

Après quelques minutes, nous arrivons finalement à nous faire comprendre et les flics décident d’emmener le bus et ses occupants directement au commissariat ! Ceux-ci sont relâchés rapidement mais ils doivent retourner en marchant à la gare routière pour essayer de trouver un hypothétique autre bus. Certains sont vieux ou handicapés et nous sommes désolés de leur avoir infligé ça indirectement mais ce n’est pas le problème de la police visiblement. Nous finissons par arriver dans le bureau du chef de police, un personnage haut en couleur qui pue la corruption à des kilomètres à la ronde mais pas efficace pour un sou. Celui-ci tient en partie responsable la compagnie de bus qui n’y est en fait pour rien, et leur demande de nous racheter un appareil photo (il faut faire bonne impression devant les 3 blancs). Dans la matinée, nous assistons au lynchage d’un suspect devant le commissariat, battu à grands coups de bâtons pour l’exemple! Ca ne fera visiblement pas avancer l’enquête… Puis c’est toute la presse locale qui débarque pour couvrir « l’affaire du jour ». Nous sommes filmés et interviewés au sein même du commissariat ! En début d’après-midi, après avoir nous-même aidé les policiers à taper la déclaration, nous obtenons tous les papiers en règle mais il faut encore attendre le retour du chef de police de sa pause déjeuner. Celui-ci revient au commissariat vers 18h30 pour prendre son courrier. Sans même descendre de sa jeep, il nous prie de bien vouloir poursuivre jusqu’à notre prochaine destination…

Nous devons finalement passer la nuit à Satna avant de repartir le lendemain matin pour Khajuraho. En rentrant dans notre chambre d’hôtel, nous allumons la TV et nous nous découvrons à l’écran sur pas moins de 3 chaînes différentes ! Puis dans la soirée, nous sommes interrompus dans notre partie de tarot par l’arrivée des flics dans notre hôtel qui viennent déposer une liasse de billets sur la table ! Comme dans les films ! C’est le « cadeau » de 10.000 Roupies (150 €) de la compagnie de bus. Nous acceptons le cadeau du chef de police qui s’assure par téléphone de sa bonne réception. Le lendemain matin, nous étions dans tous les journaux locaux mais nous avons pu quitter Satna la maudite dont nous garderons un souvenir très négatif mais impérissable.

Les jours suivants ont été plus tranquilles et nous avons pu retrouver nos esprits à Khajuraho, une halte très agréable où nous avons pu découvrir des temples magnifiques vieux de plus de 1000 ans, finement décorés et abritant des sculptures érotiques et acrobatiques ! Puis nous avons rejoins Orchha, une minuscule cité médiévale, ancienne capitale de la province du Bundelkhand, nichée sur les rives de la Betwa. On y découvre des palais grandioses combinant les styles hindous et moghols dans un cadre de verdure très agréable. Nous y passons actuellement quelques jours tranquilles avant d’entamer notre route vers Mumbai (Bombay). À très vite !